En tout cas, réduire la nuit à peau de chagrin le nombre d’heures qui me séparent du reveil radio qui grésille est devenu une sale habitude. Sale habitude qui me va sacrément bien dis donc. Cette semaine de court métrage me l’a confirmé, moins je dors, plus je suis en forme. Y’a peu de films expérimentaux russes qui m’ont endormi.
Il est 1:21 ici (20:21 en martinique, sacré manque du pays tout à coup, bordel), je rentre à la fraiche, petite ballade hivernale, goutte au nez... J’ai le ciboulot comme une cocotte Moulinex prête à exploser sans que la sécurité ne m’ait d’ailleurs sifflé. Une bière du démon pour donner le ton et ma nuit commence. Il me fallait bien la bière la plus forte du monde pour cela. Question de me remettre. Sacré semaine, sacrée soirée, sacrée nuit... Il s’en ait passé cette semaine, plus qu’en un mois, comme un court métrage, unité de lieux sans unité de temps.
Allez, oublions, je m’en tamponne comme de mon premier poil de bite, je m’en cogne du Réparateur, du Paradoxal, allez, laisse-les à plus tard, ducon.
J’ai besoin de vivre de suite, j’ai trop rêvé et pas assez agi, j’ai trop fantasmé pour ne pas profiter de ce que la nuit dérobe sans jamais se faire coffrer...
J’entends les avis de spécialistes S-Sommeil -collègues, amis, copains- huit heures de sommeil qu’il faut, minimum qu’ils ajoutent, j’entends mais je m’en branle avec allegresse, à quoi bon dormir des plombes ? Je fais un doigt à la nuit, et y’a pas à lire entre les lignes, merdé. Je vis de belles années pourquoi j’en looserai une miette sur un oreiller ? Pourquoi ? Que mon corps trinque dans quelques années et alors ?
Et alors ?
N’ai je pas raison de vivre cela maintenant ? Vieux, j’aurai tout le temps de ronquer, et puis merdé vieux, je ferai comme beaucoup, je serai mort avant.


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