Ne vous marrez pas, on en a tous eus des moments de solitude, des moments ou on aimerait être loin, ou absent parce qu’on a fait le truc qu’il ne fallait pas faire. Pire, on a franchement tendance à vouloir oublier ces moments, alors je me suis dit au détour d’une chopine ou deux que je devrais exhumer mes 5 pires moments de solitude, en me disant que je ne suis pas le seul à en avoir des coquaces, mais disons qu’à 32 balais j’assume.
Attention, 100% vécu.
5_ Cela fait des heures que je me retiens, réunion sur réunion pas une minute, je rentre chez moi, déja dans la bagnole, je fais entrechoquer mes genoux pour éviter le bête relachement, le banal accident dans mon jean. Et comme toujours dans ces moments, c’est à la porte de chez moi, à 2 mètres et une serrure docile des toilettes que le drame surgit. Je trouve pas mes clefs, ceci dit j’aurai aimé vous y voir, c’est dur en sautillant de trouver sa clef et... Un relachement, je me pisse dessus en dénichant ses salopes de clefs. J’avais 27 ans mais pour me consoler une chance énorme, personne pour constater mon moment de solitude. Je confirme c’est abominable de se pisser dessus quand on est adulte, on se sent dix fois plus con que quand on est gosse.

4_ Je suis en retard, j’ai cours de l’autre coté de la Saone, à Vaise, je suis à Lyon en études de pub, je speed, je suis à la limite de courir, je dépasse un gars, j’accélère ma cadence, à peine l’ai je dépassé. Au sol, je ne la vois pas. Une merde de chien de compétition (pas le chien, la merde), j’y marche dedans franc du collier, et en pleine accélération, mon pied glisse et projette derrière moi pas mal de l’escrément canin qui vient généreusement souiller le costume du monsieur que je venais de dépasser. Même la musique de mon walkman s’arrête. Moment de solitude. J’ai adoré le silence confus qui a duré pour moi des plombes (oui quand on se sent con une seconde devient vite une heure). J’avais 20 ans.

3_ Je suis allongé, là, dans le jardin de mes parents, et c’est la sensation de regards sur moi qui finit par me reveiller. Je suis rentré du carnaval fort arrosé du Puy en Velay et en bon fiston que je suis, j’avais décidé de ne pas me faire remarquer, de ne pas réveiller ni mes parents, ni mes deux jeunes frères, en fait, j’avais surtout voulu éviter de marquer de ma cuite les toilettes familiales, j’avais opté pour quelques minutes de repos près du bouleau, à coté de la balançoire. Je m’y suis endormi, et sur le coup des 9-10 heures, est arrivé mon moment de solitude, ou voisins, passants et badeaux se délectaient de ce jeune lutin la tête dans le gazon (oui j’avais aussi un costume ridicule). J’avais 18 ans.

2_ "Vous êtes sur que y’a pas d’os à l’intérieur, parce que parfois c’est tout dur !" C’est sur cette phrase que jeune Isaac que j’étais en CE1 je sais même plus quel age j’avais, interpellait l’instituteur avec l’aplomb de la certitude en plein cours d’anatomie masculine. Sans m’en rendre compte cette réflexion naive de gosse m’a pas mal suivi, et avec le recul, elle fait partie de mes grands moments de solitude. Bonjour au CE1 classe B du collège Saint Louis.

1_ Lyon soirée entre potes du foot, on est un peu éméchés, sur une place de Lyon, celle avec la fontaine et les chevaux (j’ai zappé son nom), des jets d’eau sortent du sol... Deux fils se touchent dans ma tête, je prends les paris avec les potes : tel Sonic, aucun de ces jets ne me mouillera et je traverse en courant la place et mes potes me retrouvent sec de l’autre coté. On est d’accord, le pari tombe, je passe 5 bonnes minutes à apprendre chacun des mouvements des jets, je deviens Sonic, j’ai toutes les mesures en tête, je me lance avec la certitude de réussir. Je lance ma course, et... Je fais un mètre, percute de plein fouet une barrière basse que je n’avais pas vue, je m’étale de tout mon long, m’explose le genou et me couvre impérial de ridicule. J’avais 20 ans.