Un peu hors monde, là en retrait de la plage, grace à ces décibels qui braillent, je prends du recul, je me mets en retrait de la plage tronant sur une table de pique nique en bois.
Je regarde.
Je ressens.
Je vibre.
Autour de moi, il court une insouciance, il flotte une tripotée d’éclats de rires sortis des terrasses ou des jeux de plage, il court un truc bizarre comme quand dans un film il va se passer un truc chelou.
Nous sommes à 2/3 du voyage.
La fin du périple approche, un peude blues m’envahit, un peu de blues de savoir que l’on va filer outre Atlantique à 8000 bornes de là. Comme chaque année, il y a cette envie-réflexe de repousser les limites du temps, comme ce reflexe d’accélerer lorsqu’on arrive près de son lieu de vacances après 4 heures de route. Il reste 1/3 du trajet avant l’arrivée, Nwel qui approche aura en prime un effet accélérateur du temps.
Je suis de l’école de la bouteille à demi pleine, je ne me plais pas de ce qui a été ingurgité, je me dis qu’il reste encore tout cela à boire, je vais en profiter, jouir...
Ce point névralgique du séjour est entre ceux que j’ai laissé en métropole qui commencent à me manquer grave et ceux que je m’apprête à quitter et qui mettront une pincée de journées à me manquer. L’enclume et le marteau en quelque sorte.
Il est 19h45 en métropole, 14h45 aux Salines, je rentre ma tête dans les épaules, je me prépare au sprint avec la double envie contradictoire de faire un chrono et de boycotter la course.
A tout ceux qui me manquent et ce qui vont me manquer à peine décollé, je vous aime.


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