Les larmes ont roulé sur mon visage.
Encerclé que j’étais entre trois personnes agées (que j’appellais dans ma tête le Club de Bridge de Dunkerque), je me suis vu sous le regard compatissant des anciens pleurer lors du départ. J’avais retenu les larmes sous le regard de Jean Francois ému comme un Pape, j’avais soutenu pour que Vanessa ne me voit pas chouiner, mais une fois installé dans le sept cent je sais pas quel sept, ça a commencé à rouler sur ma joue...

Les semaines ont filé à une vitesse folle, Nwel s’est étalé sur 4 jours, en famille, comme on aime, j’ai eu les cousins, les cousines, les tantes, les oncles sur les bras, dans les bras, sur le dos, dans le coeur, dans les sourires, et je ne voulais quitter tout cela... Plus les jours avancaient, plus j’avais cette boule dans la gorge, je ne sais expliquer le pourquoi de ce phénomène lacrimal dans l’avion. Il y a un mélange de peur, celle de ne jamais revenir, d’angoisse, celle de ne plus vous revoir famille, de phobie, celle psychologique de laisser derrière soi et ne savoir quand et comment je vous retrouverai.

La main compatissante sur mon épaule du donneur de carte du Clud de Bridge Dunkerquois* m’a remis dans mes 22, je n’ai plus 33 années mais 12 à peine. Je me sens petit, mais petit putain...
Je suis parti si précipitemment, un changement d’avion imprévu, je n’ai même pas embrassé une dernière fois les miens - je me retrouve à Paris Gare de Lyon, avec ce manque... Déja !!!
Pute vierge, bordel à couille, j’ai les boules, j’annonce...
Famille je vous aime...
Une nuit pour me manquer...
Une année mini pour vous retrouver j’espère.
Le voyage touche à sa fin, une après midi antillaise va ravir les collégues, une soirée zouk avec ma petite femme et voila...

* Ceci dit, je me demande si c’est pas du Bingo plutôt...