La coupe de France de football, ca a son charme et c’est une source intarissable d’exploits.
Tous les clubs de l’hexagone engagés dans la seule compétition qui autorise la folie, le rêve ultime de jouer contre des plus forts que soi, contre des pros, des gars qu’on voit à la téloche quoi aussi.
La coupe de France, ce sont pourtant, au début de la saison des matchs entre des équipes pittoresques que la scène locale fait briller.
Et ce dimanche passé, on est allé avec mon équipe pour le compte du quatrième tour (le tour ou on garde les maillots avec le SFR et Pitch dessus !) dans un village dont on ne connaissait rien, Chalinargues.
Récit. 1h30 de route à silloner la Haute-Loire, à pénétrer le Cantal, quelques quarts d’heures après Massiac, une bifurquation, Chalinargues 8 kilomètres, on touchait au but.
Route à classer juste en dessous de la départementale, où l’on ne peut presque pas se croiser puis arrivée au village, peuplé de quelques 140 ames. Le panneau d’entrée de ville recouvert de ballon aurait du nous interpeller...
A l’approche d’un stade champêtre bordé de sapins, deux cartons sur lesquels des écrits orientent vers un pré renommé parking, et le stade. Accueil chaleureux, le cantalou sait recevoir, c’est évident.
A une heure du match, rien ne laissait présager de ce qu’il allait nous arriver.
Ambiance détendue, les sulfateuses de jardin se sont accouplées avec des trompettes (punaise le son qu"elles arrachent ces connes !), les premiers coups de tambour arrive, on croise nos adversaires, parés et outillés pour l’exploit (solides gaillards + terrain de merde = match piège !)

Au coup d’envoi, il sont 150 à 200 au stade, le décor commence à ressembler de moins en moins à ressembler à la kermesse du moment où l’on est arrivé mais à un traquenard ou le chauvinisme local va nous pousser d’un souffle vers l’élimination que ces gens estiment que nous méritons, nous et nos survets qui font grosse équipe.
Ca s’annonce un festin ce truc.
Le souci, c’est nous qui devons les dindons de la farce.
Chali-Chaléo, Chalinargues !!! Les chants attaquent de mettre le feu, on se croirait à Trincamp pour ceux qui ont vu le cultissime coup de tête, la buvette tourne à plein régime et cela se sent. Le score qui n’évolue pas, nos difficultés à imposer notre supériorité vigorifient des gens qui en avaient pourtant pas besoin. Quelques coups témoins d’un engagement viril, quelques "casse lui la jambe" ou "il est pas bon le 5" fusent, un gamin me crache dessus quand je ramasse une balle, l’attaquant que je marque parle de ma mère comme une femme de joie. Je ne bronche pas trop. Enfin, j’essaye.
La coupe de France, c’est cela. Encore plus de tension que les autres week ends.
Je regarde cela avec plaisir, c’est mignon (excepté pour maman Washington bien entendu), sympa même si on se dit que sur un malentendu faudrait pas que l’atmosphère devienne hostile, le chasseur à moustaches et bottes Aigle a part l’air commode et commence à caméléoniser avec le vin qu’il ingurgite.
Le match se déroule, on prend l’avantage, le plus dur est fait mais les Chali-Chaléo, Chalinargues continuent de plus bel. Deux buts suivent, entachés malheureusement de deux erreurs (humaines) de l’arbitre, ce qui met le feu aux poudres.

Avec la tête que t’as, tu peux qu’être cocu l’arbitre, lance un gars du coin. Difficile de ne pas rire, les spectateurs de foot, c’est le plus grand slam de la planète.
D’autant que le joyeux drille au tambour reprend cela en choeur, tout le stade chante, je me marre. Le match se termine avec la rancoeur des chasseurs contre l’arbitre (A mort l’arbitre en vrai dans le style !)
Y’aura bien quelques gaillards, la casquette Fédération des Chasseurs du Cantal engoncée jusque sur les oreilles, la canette à la mimine et le regard un peu vitreux, qui nous donnent l’impression d’attendre un arbitre que nous attendons au cas où... Mais tout finira bien dans cette après midi Coupe de France dans le Cantal. On a bu un Banga avec les gars du coin, accompagné l’arbitre vers sa bagnole, et repris notre chemin.

En rentrant dans le monospace, on s’est marré de ce match, de son contexte, on a chanté des Chali Chaléo qui nous avaient bercé une heure et demi durant.
Y’a pas à dire la Coupe de France c’est une histoire à part, on se rappelera dans quelques années qu’elle est passée par ici.