
En rebond
aux quatre formidables fantastiques, je poste à mon tour mon top 5 des pires moments de football que j’ai vécus, ces matchs qui firent rouler des torrents de peine, ces matchs mesdames qui restent comme des plaies qui ne cicatrisent pas, je sais que vous avez du mal à comprendre qu’une défaite soit assimilée à une catastrophe insoignable, mais parfois c’est le cas. Il y a des matchs qui cristallisent tellement d’enjeux, d’envies, d’aspirations, de rêves (oui tous les matchs de mon top 5, je les ai tous joués la veille du match, et rejoués le lendemain, et rerererererejoués la semaine suivante ces foutus matchs et on aurait du les gagner).
Alors, voici mon top 5 maso à souhaits.
5_Benfica OM 1990.
Je suis supporter marseillais depuis les années 1980 donc là en 1990, on est à deux doigts du Graal, du but ultime. A l’aller, Francescoli a de quoi finir meilleur buteur de la coupe d’Europe, il croque, on vendange, on gagne avec ce fichu but à l’extérieur. Au retour, je suis anxieux, j’ai pas confiance en Castaneda ce soir, on tient le 0-0, on y va tout droit...
Valdo Vata... Main du diable. Injustice, je crie, je beugle ça sert à rien, j’ai 16 ans, une grosse claque...
4_France-Bulgarie 1993
Kooooooooosssssssstaaaaadinooooooooooovvvv....
Punaise, je l’entends encore les vocalises de Thierry Rolland.
J’étais prêt à vivre une coupe du monde de fou en 1994 aux Etats Unis, on a une génération de fou qui peut briller aux States. 20 balais, le bel age, les matchs en différé... Tranquille en solo dans le canap de la cave ou avec les potes, ca sent le bonheur... On avait merdé contre Israel mais c’était un accident... Bon c’est la faute à personne mais quand même si Ginola-Mannequinat centre pas pour relancer les bulgares on prend pas de pion...
3_France-Italie 2006
Quand on marque les premiers en finale on perd pas.
Ce sera le dernier match de Zizou.
Il ne peut rien nous arriver ce soir (juste après le péno)
On a une défense sublime. On risque rien.
La clef c’est Materazzi.
Voila mes mots ce soir là.
Une nuit noire.
Et un ciao maestro gaché.
2_ OM - Etoile Rouge de Belgrade 1991
29 Mai 1991 Bari Etoile Rouge de Belgrade bat l’OM 0 à 0 (5 Tirs au but à 4) .
J’ai 17 ans, je suis dans une première A2 Lettres et Langues dans une classe de 30 gonzesses, on est deux poilus soit quatre couilles, habillés en ce 29 mai 1991 au lycée de notre maillot olympique, fiers comme des nababs, les cours se finissent, je cours, je file, je galope à la maison sur un nuage. Ce soir on dépucelle le pays, on lui ramène les grandes oreilles, à 18 heures je suis dans le match, on est mercredi, je le mate avec mes parents (qui n’en ont rien à branler du ballon au passage mais là y’a urgence nationale, donc je prends la télécommande...).
Bordel, on a l’équipe de fou (ceci dit, les yougos ça avait de la gueule aussi, l’histoire nous apprendra après que les Jugovic, Prosinecki, Panchev, Savicevic, Mihajlovic sont des stars du ballon, des gueules de ballon d’or en puissance), en prime, on a Raymond, on a tout... Et on perd sur un péno d’Amoros, quel gachis... Mes parents ont eu une soupe à la grimace de fou. Ma classe de gonzesses aussi et un lycée entier m’a chambré des semaines durant. Monde de merde.
Poursuivons la séance masochisme, avec l’incontestable numéro 1.
1_ France Allemagne 82.
Le 8 juillet 1982, au stade Sánchez Pizjuán de Séville (Espagne), devant 70 000 spectateurs, la demi-finale de la Coupe du monde de football de 1982 oppose la France à la RFA.
J’ai 8 ans. On a passé la journée les oncles et moi à préparer, à imaginer, à se voir en finale et la gagner cette coupe en or, on joue le match dans le jardin, Hrubsech, c’est pas Alain Delon... Le match attaque, tendu puis on gagne, on arrive à un tel point de sérénité foot que je m’endors, il est tard, mais je m’endors heureux.
RFA 1 - 3 France France : Alain Giresse (99e), reprise à 18 m dans l’axe d’une passe latérale de Six à gauche. Je crois que c’est l’allégresse du but de Gigi qui me fait filer dans un sublime rêve, la prolong est quasi finie, je sombre heureux... Giresse aux anges est ma dernière image de gamin, on ne peut pas perdre...
Dans mon sommeil, les pénaltys...
* Alain Giresse 1-0
* Manfred Kaltz 1-1
* Manuel Amoros 2-1
* Paul Breitner 2-2
* Dominique Rocheteau 3-2
* Ulrich Stielike 3-2 (manqué)
* Didier Six 3-2 (manqué)
* Pierre Littbarski 3-3
* Michel Platini 4-3
* Karl-Heinz Rummenigge 4-4
* Maxime Bossis 4-4 (manqué)
* Horst Hrubesch 4-5
Je suis réveillé par la tension, la tristesse quelques 20 - 30 minutes plus tard, mes oncles en larme et moi de concert qui verse ma lacrimale. Putain France-Allemagne 82... Bartone a raison... Jamais il n’y a plus injuste que ce match...